Juste pour faire sortir ces pensées de ma tête
Je suis fatiguée de devoir faire mes preuves : avant, tout était simple, les gens me connaissaient, ils savaient que j’étais quelqu’un de bien, sur laquelle on peut compter, que je faisais bien ce que j’avais à faire. Je suis fatiguée de devoir tout recommencer. Je devrais me dire que j’ai déjà réussi à prouver ce que je vaux, alors je ne devrais pas avoir du mal à le prouver encore une fois de plus. Mais je n’y arrive pas, tout simplement parce que je ne crois pas en moi. Toujours prendre sur soi pour aller vers les autres, c’est usant mais je le fais quand-même, sinon je sais que jamais rien de bien ne risque d’arriver. A chaque fois je lutte contre moi-même pour avancer un petit pas de plus. J’en connais pour qui les relations humaines viennent naturellement, il faut croire que la vie ne fait pas ce cadeau à tout le monde. Quelque chose est cassé à l’intérieur de moi, j’ai toujours fait semblant de ne pas le voir, et je ne me suis jamais vraiment réparée. Rien a voir avec le boulot, mais tout est lié. Où que j’aille, quoique je fasse, j’ai toujours peur de ne pas réussir à me faire accepter, à me faire apprécier, à me faire aimer. En fait, j’ai presque réussi à me convaincre que je ne suis pas digne d’être aimée, qu’il y a quelque chose qui cloche chez moi, mais que je n’arrive pas à voir quoi ; d’ailleurs c’est peut-être parce qu’il n’y a rien qui cloche justement. Comment veux-tu trouver quelque chose qui n’existe pas ?
Peut-être que j’attends trop de la vie ? Je me suis toujours sentie étrangère, décalée, sans les mêmes préoccupations que les autres filles de mon âge... ou bien sûrement que les gens qui me ressemblent ne sont pas autant visibles que les autres, je ne sais pas, peut-être qu’ils sont sur leur planète lointaine, et qu’eux aussi se sentent un peu seuls. Autant j’arrive à aider les autres, autant pour moi je ne vois pas ce que je pourrais bien faire de plus ou tout simplement de différent. En attendant d’avoir quelques indices, je fais un peu semblant de vivre, car je ne me sens plus vivante, je me sens même inutile.